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L'Institution Libre de Combrée

De 1810 à 2000
 
 

Le rêve d'un curé de Campagne




    Nous sommes au début du XIXème siècle. Ce coin du Maine et Loire (entre Segré et Pouancé) vient de connaître de terribles affrontements entre les troupes vendéennes d'un côté, l'armée révolutionnaire puis Napoléon de l'autre. Une lutte qui a fait des ravages dans la vie sociale, à commencer par l'enseignement. Il n'y a plus d'écoles en état de fonctionner dans le secteur. L'administration napoléonienne a bien dans ses tiroirs un projet de lycée à Segré, mais les moyens manquent, les susceptibilités locales sont exacerbées, si bien que le projet traîne en longueur.

    C'est alors qu'un certain Abbé Drouet prend le taureau par les cornes, et crée l'école de Combrée, installée dans une maison du bourg.

    Au début, la hiérarchie catholique est favorable à la modeste école : elle y verrait bien se développer un enseignement plutôt élitiste, s'adressant aux enfants de familles nobles et aisées. Pour "le peuple" comme on dit à l'époque, on verra plus tard. L'Abbé Drouet ne voit pas du tout les choses de cette façon : dès le départ, l'école de Combrée reçoit 10 enfants de "bonne famille", mais aussi 10 enfants "du peuple". Il faut bien sûr se référer au contexte politique et social de l'époque, pour comprendre ce qu'une telle attitude pouvait avoir de novateur. D'ailleurs du côté de l'évêché, on s'irrite vite de cette "démocratisation" qui sent son révolutionnaire à une lieu.

    Mais l'Abbé Drouet n'a que faire de la politique. Il a la Foi du charbonnier, et fait ce qui lui semble juste. Les faits lui donnent raison : l'école recrute toujours plus. A la mort de l'abbé en 1837, elle compte plus de 200 élèves qui s'entassent dans la maison et même au presbytère. Les conditions sont peut-être spartiates, mais au moins la région n'est plus un "désert pédagogique". Les enfants du cru apprennent à lire, à compter, à devenir adultes.

    A la disparition de l'abbé, l'école de Combrée va enfin avoir sa chance et passer au stade supérieur : l'évêque d'Angers, Monseigneur Angebault, approuve la démarche de l'Abbé Drouet, et décide de poursuivre dans le même sens avec des moyens infiniment supérieurs. " Monseigneur Angebault fut le deuxième créateur de l'école de Combrée, dont il voulait faire un phare de l'enseignement catholique. Il a apporté les gros moyens financiers de l'évêché, mais aussi ses deniers personnels." Si l'on en croit la rumeur publique, l'évêque se serait pratiquement ruiné pour construire l'école.

    La première pierre est posée en 1854, et l'école ouvre ses portes quelques années plus tard. Elle ne reçoit alors que des garçons et l'un de ses buts avoués est de préparer l'entrée au séminaire, car le recrutement des prêtres est une priorité.

    Le mélange des classes sociales, voulu par l'Abbé Drouet, est maintenu. L'école continuera à accueillir les enfants des villages avoisinants comme elle le fait toujours aujourd'hui.

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